L’année 2009 s’ouvre dans un contexte de crise financière dont les répercussions sur l’emploi, la protection sociale, les migrations et le développement se font sentir aux quatre coins du monde. Les défis à relever sont nombreux, notamment en matière de désarmement, respect de l’environnement et respect des droits de l’homme. Pour ce faire, nous avons confiance dans le recours à une diplomatie active, une coopération internationale puissante et une action concertée pour affronter la crise et les conflits .
L’entrée en fonction de Barack Obama le 20 janvier ouvre l’espoir concret d’une nouvelle donne de la part de l’administration américaine, qui manifeste clairement une volonté d’engagement à propos de toutes les questions sur lesquelles la crise a posée son empreinte en ce début d’année : la récession, l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, le Moyen-Orient, le nucléaire militaire et le désarmement, les violations des droits de l’homme, le réchauffement climatique, la grande pauvreté. Sur tous ces sujets, nous nous réjouissons d’avance des contacts étroits et de la collaboration resserrée avec les Etats-Unis, principal allié de la Norvège.
En Afghanistan, une nouvelle conception des choses émerge, à laquelle la Norvège a contribué. Notre rôle consiste à favoriser la capacité des Afghans à prendre en main leur propre sécurité, leur gouvernance et leur développement. Clé du succès pour la stabilisation du pays, cette “afghanisation” doit s’accompagner d’une volonté de réconciliation nationale , que la communauté internationale doit susciter et soutenir.
Au Moyen-Orient, la fragilité du cessez-le-feu, les conséquences de la guerre et l’aide qu’il faut apporter à une population gravement touchée sont à présent au centre des préoccupations.
La Norvège approuve le Secrétaire général des Nations-Unis qui souhaite que l’on examine la manière dont cette guerre a été menée. Par ailleurs, la Norvège a demandé que le Conseil de sécurité de l’Onu consacre une session particulière au statut du droit humanitaire international. Concernée par la question de l’aide humanitaire, la Norvège préside le groupe de pays donateurs dénommé Comité de liaison ad hoc auquel participent l’Autorité palestienne et Israël. Il est capital de coordonner les efforts des donateurs, et de veiller à ce que l’aide dispensée corresponde aux besoins et aux capacités de réception des destinataires. Face à l’occupation, aux menaces réciproques auxquelles est exposée la sécurité de part et d’autres, les fortes tensions qui vont croissant à l’intérieur même du monde arabe, la Norvège prône la nécessité et l’exigence d’une reprise des négociations en vue d’une solution prévoyant la cohabitation de deux Etats.
Au Sri Lanka, depuis que la Norvège a été sollicitée par le gouvernement et le LTTE ( Tigres Tamouls) pour prêter assistance à la recherche d’une solution pacifique au conflit. Le cessez-le-feu n’a pas été respecté et nous avons condamné les actes de guerre et les souffrances qu’ils entrainent pour la population civile. La Norvège, assistée par les Etats-Unis, le Japon et l‘Union européenne a demandé aux deux parties que la voie des négociations était la seule à prendre pour mettre fin aux combats et envisager le désarmement des belligerants.
D’autre part, la Norvège a demandé à être membre du Conseil des droits de l’Homme des Nationa Unies pour la période 2009-2012. Le travail en faveur des droits de l’homme est l’une des priorités de la politique étrangère norvégienne. Parmi les domaines dans lequel notre pays s’investit, nous pouvons citer : la lutte contre la peine de mort et la torture, la protection des droits des populations vulnérables, la protection des défenseurs des droits de l’homme, la question des réfugiés internes, la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme, la cause des femmes et des enfants.
En Afrique, politique étrangère et aide au développement sont les deux instruments indissociables qui guident les différents aspects de notre action - sécurité, paix, protection de la santé et des droits de l’homme, lutte contre la pauvreté, accès aux ressources naturelles indispensables à la vie.
La Norvège maintiendra ainsi son engagement humanitaire au Zimbabwe, au bord de l’effondrement. En ce qui concerne le Soudan, nous entretenons une présence active dans le pays, dont l’objectif principal est d’aider les parties à appliquer les différents volets de l’accord de paix. Au Darfour, la guerre et les souffrances perdurent. La Norvège est présente dans différentes instances qui oeuvrent à rechercher une solution politique, et nous mettons l’accent sur les efforts de construction dans le Sud et de reconstruction des zones dévastées du Nord. En République démocratique du Congo, nous avons accru l’aide humanitaire destinée à ce pays et nous plaçons au rang de nos priorités les mesures de lutte contre les violences sexuelles et de protection des femmes, tout en entretenant le contact permanent avec les Nations Unies en vue de contributions futures aux opérations de paix dans la région. La Norvège intervient aussi en Somalie, en soutenant fermement l’action politique visant à faire obstacle aux agissements des pirates et à instaurer la paix et la stabilité sur le territoire.
Dernier aspect sur lequel la politique étrangère de la Norvège se focalisera en 2009 : les régions du Grand Nord qui revêtent une importance stratégique capitale aux yeux du gouvernement, tant par le potentiel qu’il recèle en matière de ressources naturelles et de voies de transport, que par sa grande vulnérabilité face aux changements climatiques actuels.
Gestion responsable des ressources halieutiques, droit maritime, extension des règlementations s’appliquant à l’Arctique, mise en place et application d’un plan global de gestion des zones maritimes dans tous les Etats de la région concernée, protection de l’environnement, autant de chantiers qu’il convient de mener de front en collaboration étroite avec nos voisins, ainsi qu’avec l’UE .
Nos relations avec la Russie constituent l’un des axes principaux de notre politique concernant les zones septentrionales. Si nos relations bilatérales avec la Russie évoluent de manière positive, il est tout aussi important d’ancrer nos alliances avec nos partenaires de l’OTAN et de l’UE.
Pour lire l’intégralité du discours :
http://www.regjeringen.no/upload/UD/Vedlegg/stortinget/090210_francaise.pdf