La Norvège : pays de pêche aujourd’hui et demain

Ces dernières semaines, les discussions autour de la pêche au cabillaud, la répartition des quotas et le développement durable ont battu de plein fouet. De nombreux Français se sont intéressés aux questions concernant la pêche norvégienne et française de cabillaud, et s’interrogent sur le lien qui pourrait exister entre les deux. Afin d’apporter davantage de clarté au débat, voici quelques questions-réponses basées sur les problématiques récemment soulevées.



Peut-on comparer les quotas de pêche français et norvégiens ?

La comparaison est peu pertinente. En effet, les zones de pêche et les ressources concernées ne sont pas les mêmes pour les pêcheurs français et norvégiens. La pêche au cabillaud de Norvège s’effectue principalement sur le cabillaud arctique de la Mer de Barents (plus de 97% des prises totales), tandis que la pêche européenne (et donc française) concerne essentiellement le stock de cabillaud de la Mer du Nord. De plus, la Norvège, pays non membre de l’UE, a négocié des échanges de quotas avec l’UE. Ainsi, la Norvège a obtenu un quota de 4 100 tonnes de cabillaud dans la Mer du Nord en échange d’un quota équivalent pour les navires européens dans ses eaux territoriales.

 

© http://www.fisheries.no

 

Les zones de juridiction des pêcheries ont été arrêtées par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982. Dans sa zone économique exclusive, la Norvège a le droit de décider de la gestion des ressources naturelles. Cependant, des accords sont négociés à l’automne chaque année avec les autres pays européens (UE, Russie, îles Féroé, Groenland, Islande) afin de permettre des échanges de quotas.

Quels sont les quotas norvégiens concernant le cabillaud ?

Contrairement à ce qui a été avancé dernièrement, le quota total de pêche au cabillaud pour la Norvège s’élève à 237 100 tonnes. A plus de 97%, il concerne le cabillaud de la Mer de Barents, pêché au nord de la 62e latitude. La Norvège partage le stock de cabillaud de la Mer de Barents avec la Russie. Ensemble, les deux pays disposent d’un quota de 520 000 tonnes dans la Mer de Barents en 2009, dont 222 100 tonnes pour la Norvège.

La pêche au cabillaud dans la Mer de Barents est réalisée de manière à préserver le renouvellement de l’espèce, ce qui permet ainsi au stock de cabillaud de la Mer de Barents d’être le plus important au monde. Selon les scientifiques, ce stock comporte près de 1,5 millions de tonnes de cabillaud, contre seulement 156 000 tonnes en Mer du Nord (Source : Institut de Recherche Marine de Norvège). En outre, le stock de reproduction (nombre d’individus en âge de reproduction) du cabillaud de la Mer de Barents est largement au dessus du niveau minimum recommandé par la communauté scientifique. La pêche au cabillaud dans la Mer du Nord concerne donc un stock de cabillaud différent de celui de la Mer de Barents.

Les pays riverains se partagent le produit de la pêche dans la Mer du Nord dans la limite des quotas fixés par l’UE. Lors des négociations avec l’UE, la Norvège a déjà exprimé son inquiétude pour le stock de cabillaud de la Mer du Nord, dont le stock de reproduction est à un niveau critique selon la communauté scientifique. Le quota total de pêche au cabillaud dans la Mer du Nord s’élève à 28 800 tonnes, dont 4 100 tonnes allouées à la Norvège grâce aux échanges de quotas lors des négociations avec l’UE.

 

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Comment les quotas norvégiens sont-ils fixés ?

Les quotas sont fixés annuellement sur la base des recommandations du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM). Le CIEM est un réseau de plus de 1600 scientifiques travaillant dans 200 instituts liés entre eux par un accord intergouvernemental. Il rend des avis scientifiques sur les écosystèmes marins aux gouvernements et aux autorités internationales qui gèrent l’Atlantique Nord et les mers avoisinantes.

Une fois les recommandations du CIEM connues, la Norvège et les autres Etats négocient les quotas. Chaque année, d’importantes discussions ont donc lieu avec l’UE, la Russie, le Groenland, l’Islande et les îles Féroé. La coopération internationale sur la gestion des ressources halieutiques est indispensable en raison des migrations de stocks de poissons entre les différentes zones économiques. Le point de départ des négociations des quotas sera donc toujours les avis sur la quantité de poisson qu’on peut prélever sans altérer le niveau de population. Une fois les négociations de quotas internationales finalisées, la Direction norvégienne de la pêche fait une proposition pour la régulation nationale basée sur le principe de précaution.

La pêche norvégienne menace-t-elle la survie de l’espèce ?

Le nombre de cabillauds de la Mer de Barents a connu une forte augmentation ces dernières années, notamment grâce aux mesures prises par la Norvège pour assurer le bon renouvellement des stocks (suivi de l’avis scientifique et application du principe de précaution dans la fixation des quotas, lutte systématique contre la pêche illégale, interdiction de rejet des prises accessoires, taille minimum de capture élevée, régulations privilégiant la petite pêche…) Dans les années 1980, le stock de cabillaud de la Mer de Barents a également connu une phase importante de déclin que la Norvège a su stopper grâce à ces mesures. Le stock étant en forte progression, l’avis scientifique a permis une augmentation du quota de cabillaud dans la Mer de Barents de près de 22 % en 2009.

Le WWF a cité la Norvège en exemple pour les meilleures pratiques mondiales en matière de gestion des stocks (« Management and Technical Measures in the Norwegian Cod and Groundfish Fisheries – WWF Bycatch Initiative », octobre 2008). En outre, le cabillaud de Norvège est désormais sur la « liste verte » dans le guide « Consommateur » pour les produits de la mer de l’ONG.

Depuis des milliers d’années, la pêche est une ressource qui permet aux petites communautés le long des côtes norvégiennes de subsister. En outre, la pêche et l’aquaculture sont des piliers de l’économie norvégienne, avec des exportations de près de 4,5 milliards d’euros chaque année. La gestion durable et responsable des stocks halieutiques est donc un principe fondamental dans la régulation de la pêche norvégienne.

 

Pour plus d’information sur la pêche en Norvège, veuillez consulter le site http://www.fisheries.no

Contact au Centre des Produits de la Mer de Norvège : Maria Grimstad, maria.grimstad@seafood.no


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