La population immigrée en Norvège représente environ 387 000 personnes (au 1er janvier 2006) dont une majorité de femmes (196 000 femmes contre 191 000 hommes). 163 000 femmes font partie de la première génération d’immigrés et 33 000 des générations suivantes. Cette répartition est à peu près identique pour les hommes.
L’immigration provenant du Pakistan est la plus importante et environ 7% de la population immigrée féminine en Norvège a des origines pakistanaises. Suivent ensuite le Viêtnam (9300), l’Irak (8600), la Somalie (8300), la Bosnie-Herzégovin (7500). L’augmentation la plus importante en 2005 a été celle en provenance de la Pologne (plus de 33%).
Il faut souligner que les populations provenant d’Afghanistan, d’Irak et de Somalie sont majoritairement masculines. Ceci s’explique par le fait que les hommes partent souvent seuls, faisant ensuite venir leur femme et leur famille grâce au regroupement familial. Dans les cas de la Russie, de la Thaïlande et des Philippines, ce sont incontestablement les femmes qui ont été les plus nombreuses à venir s’installer en Norvège.
Les raisons pour lesquelles l’immigration se produit sont très variables. Les raisons familiales sont cependant les plus fréquentes pour les femmes (65% entre 1990 et 2005). Le fait que les hommes partent souvent en premier peut expliquer pourquoi leurs femmes viennent ensuite les rejoindre. Il est également plus fréquent que les hommes épousent des femmes à l’étranger qui rentrent ensuite avec leur époux en Norvège. Ces femmes sont également considérées comme immigrées.
Les femmes habitent en outre de façon assez concentrée dans l’Est de la Norvège. 34% habitent à Oslo même, 46% lorsqu’on englobe également les villes de la proche banlieue. Elles sont généralement mariées (55% des femmes entre 35 et 44 ans). Une différence doit être notée entre les femmes occidentales et les non occidentales. Ces dernières sont mariées à 74% contre 60% pour celles venant de pays occidentaux. Une évolution est toutefois en train de se produire entre les femmes de la première génération et celles de la deuxième génération.
La plupart des femmes se marient avec des hommes de la même origine qu’elles. Cela varie cependant d’un groupe à un autre. Les femmes thaïlandaises, philippines et russes se marient fréquemment avec des hommes occidentaux (environ 90% de ces femmes se sont mariées en 2004 avec des Norvégiens). Les femmes pakistanaises, irakiennes et turques se marient quant à elles à la quasi-majorité avec des hommes eux-mêmes immigrés.
Les femmes ont également plus tendance à suivre des études secondaires et universitaires une fois en Norvège. Cela vaut pour les immigrées occidentales et les immigrées non occidentales. Les différences entre les hommes et les femmes s’accentuent d’une génération à une autre notamment dans la population non occidentale.
Tandis que les femmes des pays occidentaux ont fait en moyenne des études relativement longues avant d’arriver en Norvège, le contraire est observé dans les pays non occidentaux (11% des femmes africaines contre 19% des hommes africains). Une grande disparité est également observée entre les pays asiatiques. Environ 32% des femmes venant d’Inde et des Philippines ont fait des études contre 9%, 7% et 4% des femmes venant du Pakistan, de la Turquie et de la Somalie.
En ce qui concerne l’emploi, environ 53% des femmes de la première génération d’immigrés avaient un emploi au début de l’année 2005. Ce chiffre représente 13,5% de moins que la population des femmes ayant un emploi dans son ensemble. Une différence existe de nouveau entre les femmes occidentales et non occidentales (66% pour le premier groupe et 47% pour le deuxième). Les femmes non occidentales sont en effet plus nombreuses à venir en Norvège pour le regroupement familial. Ce n’est pas toujours le cas des femmes occidentales qui viennent souvent pour un emploi. Aujourd’hui, le taux d’emploi le plus bas concerne majoritairement celles qui sont en Norvège historiquement depuis peu de temps, soit les immigrées afghanes, somaliennes et irakiennes. Le taux de chômage est ainsi élevé dans cette population (environ 10,6% des femmes de la première génération en 2006). Ce chômage affecte également particulièrement les femmes africaines. Les immigrées non occidentales ont en outre un salaire moins élevé que les immigrées occidentales. Lorsqu’elles ont un emploi, c’est majoritairement dans les activités des services et de la vente qu’elles sont les plus nombreuses (environ 1/3).
La participation aux élections se situe loin derrière celle qui est observée dans la population totale. En 2005, environ 78% des femmes ayant le droit de vote ont participé à une élection, contre 50% des femmes immigrées non occidentales. Les femmes immigrées votent généralement plus que les hommes, sauf dans le cas du Pakistan et de l’Inde.
Cet article se concentre sur les femmes immigrées en présentant des statistiques significatives à la fois sur le mariage, l’emploi, le logement ou les études. Pourtant, être « immigrée » peut également être associé au fait d’être en exil. Un livre paru en 2006 (Kvinneliv i Eksil, écrit par Berit Berg, Torunn Fladstad et Kristen Lauritsen, éditions Gyldendal, 2006) présente l’histoire de six femmes arrivant en Norvège. Contrairement à ce que font souvent les médias en présentant des scènes de guerres et de flux d’immigrés, le livre tente de suivre l’intégration de ces femmes dans leur nouveau pays. Il apparaît que même après plusieurs années, elles ont encore le sentiment d’être en exil. Pour d’autres, la vie quotidienne a pris le dessus avec ses problèmes de santé, d’éducation et de famille. Ce livre est à recommander pour tous ceux qui cherchent des témoignages vivants et émouvants sur la vie de ces femmes dans la Norvège d’aujourd’hui.
Pour plus d’information :
Le livre (en norvégien) de Berit Berg, Torunn Fladstad, Kristen Lauritsen : Kvinneliv i Eksil. (Oslo, Gyldendal Akademisk, 2006).