Participation à la mission de l’ONU
L’hôpital de campagne et l’envoi des soldats s’inscrivent dans le cadre de la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (RCA) et au Tchad (MINURCAT II), où 4000 soldats sont déjà sur place, et doivent prendre le relais de l’EUFOR, dont le mandat arrive à son terme le 15 mars 2009. « Ceci correspond à une demande de l’ONU, et c’est aussi une prolongation de l’engagement de la Norvège au Darfour », a souligné le 16 décembre dernier le secrétaire d’état du Ministère de la Défense M. Espen Barth Eide. La mise en place de l’hôpital, lequel est prévu fonctionner un an, et qui remplacera un hôpital italien, « est une condition pour que d’autres pays occidentaux puissent participer. Pour l’ONU, il est donc important que la Norvège ait dit oui à cette contribution », a ajouté M. Eide.
Crise humanitaire au Darfour
La situation dans l’Est du Tchad et au Nord-Est de la RCA est instable, et très étroitement liée à la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour. Pour cette raison, l’objectif principal de la mission MINURCAT II reste de protéger les réfugiés, les nécessiteux et les employés humanitaires. Selon le secrétaire général de l’ONU, le nombre de nécessiteux s’approche de 1,2 million, et parmi eux se trouvent 290 000 réfugiés du Darfour et 180 000 déplacés internes au Tchad. En 2008, la Norvège a envoyé une aide humanitaire considérable au Darfour, et environ 3,1 millions d’euros pour soulager la situation au Tchad. Une partie importante de la mission de l’ONU sera de renforcer la police tchadienne, soutenir le système judiciaire et les prisons. La Norvège a aussi contribué à ce processus en finançant une partie de la formation des policiers tchadiens.
La capacité est limitée
La participation à MINURCAT II illustre l’ambition du gouvernement norvégien d’augmenter ses contributions aux forces de l’ONU, surtout en Afrique. Selon Anne-Grete Strøm-Erichsen, ministre norvégienne de la défense, les pays occidentaux doivent davantage contribuer aux missions de l’ONU les plus difficiles, et qui sont en grande partie concentrées en Afrique. Quant à la République Démocratique du Congo, la ministre norvégienne de la Défense a précisé que la Norvège ne dispose actuellement pas de ressources supplémentaires pour pouvoir contribuer aux forces de l’ONU (MONUC). La Norvège avait déjà offert d’ouvrir un hôpital de campagne au Congo, « mais elle s’est vu opposer le fait que la capacité des hôpitaux de campagne était assez bonne », a fait remarquer la ministre. La Norvège restera cependant en dialogue avec l’ONU pour une future contribution avec les forces de l’ONU, laquelle doit, d’après une résolution du conseil de sécurité datant de novembre, faire passer les forces MONUC de 17 000 à 20 000 soldats.