« Cette crise économique serait la pire vécue par l’Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, si l’on en croit ce qu’a affirmé lundi dernier la chancelière allemande. Pour y faire face, il faut recourir à des moyens d’action totalement nouveaux.
Des décisions énergiques sont prises. La coopération se développe entre l’UE, le FMI et la BCE, afin de suivre de près les pays auxquels sont octroyés des prêts d’urgence. Les membres de la zone euro se sont accordés sur de nouveaux paquets de mesures de sauvetage, et sur un vaste ensemble d’instruments dont disposera le Fonds européen de stabilité financière, le FESF.
La participation de la Norvège
La Norvège, par l’intermédiaire de son Fonds de pension, a investi dans des titres souverains européens.
Elle participe aussi, par le biais du FMI, à l’aide dispensée aux pays de la zone euro qui connaissent les difficultés les plus graves. Elle a mis à la disposition du FMI environ 55 milliards de couronnes, sous la forme d’une enveloppe de prêts potentiels où le FMI peut puiser. Cette somme représente approximativement 0,9 % de l’ensemble des fonds de crédit du FMI.
Cette enveloppe n’est pas encore épuisée. Le gouvernement est d’avis qu’il faudrait envisager la possibilité d’augmenter, si besoin est, les ressources allouées par la Norvège au FMI. Une telle décision serait liée, le cas échéant, à la condition que notre contribution supplémentaire intervienne dans le cadre d’un effort collectif de la part de plusieurs pays.
- Aide sous forme d’expertise technique
La Norvège est également prête à fournir une aide sous forme d’expertise technique, et il est évident que notre savoir-faire est le bienvenu.
En octobre dernier, la Commission européenne nous a demandé de participer à un groupe d’experts chargé d’assister les pouvoirs publics grecs, afin qu’ils puissent mettre en application les programmes de réforme de l’UE et du FMI. La Norvège est le seul pays non membre de l’UE qui ait été intégré à ce groupe.
Il ne fait aucun doute que les financements norvégiens octroyés à la Grèce par l’intermédiaire de l’EEE aient contribué à ce que la Commission nous sollicite, puisqu’ils ont valu à la Norvège de disposer d’une expérience précieuse concernant le fonctionnement de l’administration grecque.
- Les meilleurs atouts
L’Europe a en mains les meilleurs atouts qui soient pour pouvoir sortir renforcée de la crise : la démocratie, l’état de droit, un niveau de formation élevé au sein de ses populations, une société civile riche de diversité, et – qualité qui n’est pas des moindres – prête à débattre et à mener une réflexion critique sur l’époque qui est la nôtre.
Mais il y faudra du courage et, dans bien des régions d’Europe, une réforme des mentalités – y compris dans le cadre de la coopération européenne. Dire que l’économie mondiale s’inscrit dans une globalité n’est pas une simple formule. L’Europe a tiré des avantages conséquents de la mondialisation et de l’ouverture économique. Aujourd’hui, les pays de ce continent sont mis au défi, non seulement par la main d’œuvre bon marché d’autres régions du monde, mais encore par les modes de pensée nouveaux qui y voient le jour, par leurs innovations et par des productions de biens et services issues d’un haut niveau de connaissance. La seule réponse possible pour l’Europe consiste à rénover ses sociétés et mobiliser à plein ses ressources humaines. »
Extraits du compte-rendu semestriel des questions en lien avec l’UE et l’EEE, présenté au Parlement norvégien par le Ministre des Affaires étrangères.