L’objectif général de la politique gouvernementale est de mettre en oeuvre, dans les régions concernées, un développement et une croissance durables. Il s’agit de créer les conditions nécessaires pour que les acteurs humains présents sur place puissent construire de véritables communautés, avec des emplois d’avenir, une offre satisfaisante en matière éducative et de santé, comme sur les plans des loisirs culturels ou tournés vers la nature.
La politique en faveur du Grand Nord vise aussi à tirer parti des possibilités que présente cette région du monde pour la coopération internationale dans les domaines de l’exploitation des ressources naturelles, de la gestion de l’environnement et de la recherche, par le biais de contacts plus étroits avec nos voisins russes et nos partenaires européens et nord-américains.
La sauvegarde des intérêts norvégiens dans le Nord consiste principalement en un renforcement de notre présence et de notre activité selon plusieurs axes politiques, à la fois nationaux et internationaux, parmi lesquels la formation et la recherche, la gestion de l’environnement et des ressources, la sécurité et la défense, l’énergie, la pêche, le tourisme et d’autres branches de l’activité économique, ainsi que la santé, la culture et la parité.
Les toutes premières priorités politiques de cette stratégie en faveur du Nord sont les suivantes :
Imprimer à l’exercice de notre autorité un souci de crédibilité,de cohérence et de prévisibilité.
En affirmant sa présence, en exerçant sa souveraineté et son autorité, la Norvège fait en sorte que les engagements contractés à l’échelle internationale et nationale soient pris au sérieux.
Il reste donc capital que la défense, la police et le ministère public soient représentés sur place. La présence de l’armée est également indispensable pour sauvegarder les intérêts nationaux en matière de sécurité et assurer notre capacité de gestion des crises dans ces régions.
Une coopération efficace entre la Garde côtière, le ministère public et la police en matière de gestion des ressources a pour effet de prévenir les conflits et de contribuer à la prévisibilité et à la stabilité de ces
ressources.
Aussi cette coopération est-elle appelée à se renforcer. Le gouvernement oeuvre également pour la poursuite des efforts entrepris au Svalbard, dans le cadre des objectifs que s’est fixé la politique norvégienne concernant ce territoire.
Nous placer en tête des actions internationales de développement et de recherche ayant pour objet et pour théâtre les régions du Grand Nord.
La connaissance est le pivot de notre stratégie en faveur du Grand Nord, avec des prolongements directs sur les questions relevant de la gestion de l’environnement, de l’exploitation des ressources et de la création de valeur. Nous avons besoin, en tant que nation, de connaissances accrues pour pouvoir tirer pleinement parti des possibilités existantes, et répondre aux défis auxquels nous nous trouvons confrontés dans ces régions.
La Norvège possède des instances scientifiques dont les compétences sur le plan international sont de tout premier ordre dans les domaines de l’activité pétrolière, des transports maritimes, de l’exploitation et de la gestion des ressources marines, de la défense de l’environnement, de la recherche sur les climats et le milieu polaire, ainsi que sur les modes de vie des peuples premiers. Le gouvernement travaille à renforcer, d’une façon générale, les moyens dont disposent ces instances.
Adopter une position de leader en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles.
Nous voulons mettre en place les conditions nécessaires à la création de valeur par le biais d’un mode d’exploitation durable des ressources, tout en préservant les structures, le mode de fonctionnement et la productivité des écosystèmes.
Le gouvernement a l’intention de soumettre toute activité humaine à des règles environnementales strictes, et d’établir des cadres qui permettront de protéger les zones les plus précieuses et les plus sensibles contre les effets potentiellement négatifs de ces activités.
Il renforcera également la coopération internationale en vue de limiter les changements climatiques provoqués par l’homme, et de réduire les atteintes à l’environnement dans les régions septentrionales. La Norvège jouera un rôle-clef dans la surveillance du climat, des substances toxiques pour l’environnement et du milieu marin dans le Nord.
Le Svalbard est appelé à devenir l’une des réserves de nature sauvage les mieux gérées au monde. La réglementation environnementale très stricte et les vastes mesures de protection qui ont déjà cours actuellement seront reconduites et développées pour faire face aux défis posés par l’activité économique.
En cas de conflit entre les considérations environnementales et d’autres intérêts, les premières prévaudront. Le gouvernement part du principe que la gestion des ressources marines vivantes doit s’appuyer sur les droits et devoirs découlant du droit de la mer, et qu’elle doit instaurer un niveau d’exploitation maximal, limité au cadre de la durabilité des ressources. Le
Plan global de gestion du milieu marin en mer de Barents et au large des Lofoten contribue à clarifier les principales lignes directrices applicables à la gestion des régions septentrionales.
Créer les conditions nécessairesau développement de l’activité pétrolière en mer de Barents, et faire en sorte que cette activité ait, à l’échelle de la Norvège, et notamment dans les départements du Nord, un maximum de retombées en termes d’acquisition de compétences et de progression de l’économie locale et régionale.
La construction du site baptisé ”Snøhvit” est un exemple des effets annexes que peut générer l’activité pétrolière de la Norvège du Nord. Les perspectives d’avenir sont bonnes, et plusieurs projets de nouveaux sites d’exploitation sont à l’étude. Dans le cadre de ces travaux, le gouvernement norvégien fera en sorte que les différentes sociétés impliquées mettent en place des procédures de qualification pour les fournisseurs locaux et régionaux.
Les pouvoirs publics auront un rôle important à jouer en ce qui concerne les retombées régionales et locales du développement. Nous avons également l’intention de lancer un projet visant spécifique
ment à cerner les effets annexes de l’activité pétrolière dans le Nord, sur la base des expériences antérieures.
Faire en sorte que la politique en faveur du Grand Nord contribue à consolider les conditions de vie des peuples premiers, leurs activités, à pérenniser leur histoire et leurs traits de civilisation
Les peuples premiers cultivent un certain nombre de valeurs propres, et possèdent des connaissances sur les voies que peut emprunter l’activité humaine dans le contexte naturel difficile d’une zone subarctique. C’est à la fois un atout pour la politique norvégienne, et une dimension à part entière du projet.
La gestion globale des ressources inclut la protection des conditions naturelles qui servent de base aux activités de ces peuples, de leurs savoir-faire traditionnels et des superficies utilisées pour l’élevage des rennes. En fait également partie la protection du littoral, de la pratique traditionnelle de la pêche en mer et de la pêche au saumon.
Le gouvernement se propose de développer des activités existantes et nouvelles sur lesquelles pourra s’appuyer le devenir économique et culturel des communautés lapones. Il assistera les institutions lapones dans leur travail d’acquisition de savoir-faire et de connaissances. Il est également important de mettre en place les conditions nécessaires pour que ces institutions puissent participer activement à la coopération internationale.
Développer la coopération directe entre les peuples dans les régions du Nord
La coopération directe entre les peuples constitue un élément important de la politique norvégienne en faveur du Grand Nord. La santé, l’éducation et la formation, la culture, le sport, les actions à destination de l’enfance et de la jeunesse, ainsi que la vie associative, sont des composantes essentielles de cette coopération. Le fait que les populations puissent se retrouver dans le cadre d’activités communes relevant de ces domaines est générateur de compréhension et de confiance, dispositions d’esprit qui seront à leur tour des facteurs de stabilité et de développement dans les régions concernées.
Le gouvernement veillera à ce que la Coopération de Barents continue à susciter, dans une large mesure, la création de points de rencontre et de réseaux d’échanges pour les habitants des régions septentrionales.
Renforcer la coopération avec la Russie
C’est dans nos relations avec la Russie, pays limitrophe du nôtre et avec lequel nous partageons la mer de Barents, que se situe la dimension bilatérale essentielle de la politique en faveur du Grand Nord. Plusieurs des défis qui se posent dans ces régions, notamment en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles, ne sauraient être résolus sans l’engagement de la Russie ni la coopération russonorvégienne.
Ce pays connaît actuellement un essor économique très rapide. Si les changements qui affectent tant la politique que l’activité économique et la société russes ne modifient pas les objectifs norvégiens, nous devons être attentifs à ces développements et adapter les moyens d’action auxquels nous recourons. Le pragmatisme, la prise en compte des intérêts nationaux et la volonté de coopération sont les principes que le gouvernement norvégien souhaite imprimer à sa politique vis-à-vis de la Russie.
Pour mettre en application ces priorités stratégiques, le gouvernement se propose de miser, entre autres, sur les mesures suivantes :
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Poursuivre en l’approfondissant le dialogue actif avec ses voisins, partenaires et alliés sur les questions relatives au Grand Nord.
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Renforcer la caractérisation et la coordination de la politique norvégienne dans ce domaine, dans le cadre des forums de coopération internationaux et interrégionaux.
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Développer les activités pétrolières en mer de Barents par le biais d’une politique active en matière d’attribution des marchés, afin de mieux suivre les résultats des explorations et les besoins en termes de nouvelles zones de recherches. Le gouvernement encouragera également le travail de cartographie géologique portantsur les régions du Grand Nord.
Élaborer une proposition de création d’une zone de coopération économique et industrielle, couvrant des territoires norvégiens et russes dans les régions frontalières septentrionales.
Rechercher des mesures supplémentaires en vue de faciliter le passage de la frontière russo-norvégienne.
Étudier concrètement les besoins concernant de nouveaux navires de recherche, capables de naviguer à travers les glaces, pour accroître la présence norvégienne dans les eaux septentrionales tout au long de l’année.
Encourager à la fois la quête de connaissances dans les régions du Nord, et la recherche spécifique à ces zones, par le biais du Conseil de la recherche.
Renforcer la sécurité maritime dans les eaux du Svalbard, notamment en faisant appliquer la législation sur les ports et zones decirculation maritime, et en créant un service d’experts pilotes auquel les navires devront obligatoirement faire appel.
Resserrer la coopération avec les pouvoirs publics russes et les autorités des autres pays pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée en mer de Barents.
Accroître les efforts d’application du Plan global de gestion du milieu marin en mer de Barents et au large des Lofoten, par le biais de la cartographie et de la sur
veillance du milieu marin, de la recherche sur les écosystèmes et sur l’impact de l’activité humaine.
Intensifier le travail de repérage, de surveillance et de recherche sur les changements climatiques et les toxiques environnementaux.
Poursuivre nos efforts pour garantir la sécurité et la protection nucléaires dans les régions du Grand Nord.
Mettre au point une technologie environnementale spécifique aux régions du Grand Nord, et destinée à une mise en place locale, grâce au renforcement des efforts de recherche et de développement.
Lancer plusieurs projets de recherche et de développement dans le cadre du programme Barents 2020.
Créer des bourses d’études financées par le programme Barents 2020, pour des projets de recherche ayant trait aux régions du Grand Nord.
Augmenter les efforts de coopération culturelle dans la région, en particulier avec la Russie.
Mettre à l’étude des mesures destinées à accroître le recrutement, dans les régions du Nord, d’une main-d’oeuvre étrangère compétente et adaptée aux besoins.
Stimuler les efforts entrepris en matière de bioprospection et pour le développement de productions nouvelles, à base d’organismes marins.
Encourager les recherches visant à l’élevage de certaines espèces marines qui présentent un intérêt particulier, comme la morue.
Envisager un éventuel soutien au lancement de transports de marchandises par le corridor menant de l’Asie centrale à l’Amérique du Nord, et passant par le port de Narvik.
Étudier la nécessité éventuelle de nouvelles solutions de transports, comme la création d’un chemin de fer reliant Nikel à Kirkenes, et l’intérêt, en termes commerciaux, de l’ouverture de nouvelles lignes aériennes survolant la calotte Nord.
Réaliser une analyse de grande envergure des infrastructures de transport existantes et des besoins que connaissent les régions duNord dans ce domaine, dans le cadre du Plan national de gestion des transports 2010-2019.