Rôle des hommes

Dernière mise à jour: 16/09/2009 //

Dans le débat norvégien sur l’égalité entre les sexes, le fait de mettre l’accent sur le rôle imparti aux hommes continue à susciter quelque résistance. Les hommes sont communément considérés comme le sexe fort et dominateur, tandis que les femmes apparaissent comme les victimes d’une discrimination qui perdure depuis des générations et qui appelle par conséquent des mesures particulières et des formes d’action positives. Cette perspective a eu une importance fondamentale dans le processus d’émancipation des femmes, mais elle reflète dans le même temps une vision faussée du sexe masculin dans sa globalité. Les hommes ne constituent pas un groupe uniforme et il n’est pas non plus possible de parler d’un rôle masculin unique. La masculinité n’est pas systématiquement synonyme de pouvoir. Les hommes ne vivent pas selon un modèle uniforme et n’ont pas tous les mêmes centres d’intérêt.

Les statistiques en matière de réalités sociales et de santé montrent que les sociétés occidentales font payer au sexe masculin un lourd tribut. Les hommes sont surreprésentés parmi les toxicomanes et les détenus. L’espérance de vie des hommes est plus courte que celle des femmes. En milieu scolaire, les garçons ont plus de problèmes comportementaux que les filles, et ils sont plus nombreux parmi les élèves qui ont besoin d'un soutien à l’école primaire. Le nombre de garçons qui interrompent prématurément leur scolarité est considérablement plus important que celui des filles.

Comme en attestent des études abondamment documentées, les enfants ont besoin d’une présence masculine tout autant que féminine, que ce soit dans le cadre de la famille, de l’école ou des établissements préscolaires, Du point de vue de l'égalité entre les sexes, il y a tout lieu de considérer comme préoccupant le fait que les jardins d’enfants et les écoles soient des milieux largement dominés par les femmes. Les hommes ne représentent que 7 % du personnel des jardins d’enfants et 12% des enseignants du primaire (chiffres de l’année 2002). L’Etat oeuvre, sur ce point, à une prise de conscience, et travaille à promouvoir une plus grande égalité entre les sexes dans ce secteur d’activité. L'objectif fixé est d'atteindre un quota de 20 % d'hommes en 2007.

L’un des aspects du rôle traditionnel des hommes qui ont évolué le plus en Norvège est le comportement des pères. Des recherches ont montré que la paternité était le point sur lequel la rupture avec les formes ancestrales de la masculinité se manifestait le plus explicitement. En 1993 a été adopté le principe d’un “quota” de congé parental réservé aux pères, mesure destinée à renforcer la relation entre le père et le nouveau-né, et à mettre en évidence la nécessité d’une participation active des hommes aux soins dispensés aux enfants et à leur éducation.

L’évolution que connaît le rôle des hommes ne porte pas uniquement sur leur relation aux femmes : elle englobe aussi leur relation aux autres hommes, à leurs nouvelles tâches, ainsi qu’à des institutions sociales importantes placées sous responsabilité masculine. En 2002 a été créé à leur intention le centre REFORM, financé par l’Etat, qui se propose de travailler dans le sens de l'égalité entre les sexes en aidant les hommes à améliorer leurs conditions de vie et en mobilisant les ressources masculines en vue du développement de domaines d'activité que la tradition associe plutôt aux femmes.


Source: Texte rédigé par le Ministère norvégien de l’Enfance et de la famille   |   Partager sur le réseau   |   print